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Légèreté des gestes, profondeur des couches, transparence exaltée : la technique du lavis fascine autant qu’elle déjoue les certitudes du peintre débutant comme du professionnel.
Héritée des traditions orientales, puis sublimée par les grands maîtres européens, cette approche de la peinture exige patience, audace et maîtrise du hasard. Décider de travailler au lavis, c’est accepter d’entrer dans un dialogue continu entre l’eau, la couleur et le support.
Soumis à des règles précises mais générant mille surprises, le lavis a conquis architectes, illustrateurs, peintres de paysage et artistes abstraits qui recherchent nuance et spontanéité.
Au-delà d’une simple méthode de croquis, il se révèle un instrument majeur de suggestion lumineuse, exploré aujourd’hui aussi bien avec l’aquarelle qu’avec l’encre ou la gouache.
Le lavis désigne une technique picturale reposant sur l'application de couches très diluées de peinture ou de pigments (aquarelle, encre, gouache diluée, parfois acrylique liquide) sur un support, généralement du papier, afin d'obtenir des effets de transparence et de nuances subtiles. À la différence du glacis, le lavis ne concerne pas la peinture à l'huile, mais repose entièrement sur les capacités d’absorption de l’eau par le papier, le bois ou la toile. La réussite de cette approche dépend avant tout de la gestion de la dilution de la couleur et du contrôle du geste : un excès d’eau provoque des auréoles indésirables, tandis qu’une absence de fluidité fige la composition.

Le lavis trouve ses racines en Chine, où il apparaît dès le VIe siècle, utilisé à la fois en calligraphie et dans la peinture de paysage. Ces premiers maîtres orientaux, fascinés par la capacité de l'encre noire à traduire l’ombre et la lumière, ont développé un art axé sur la suggestion, la spiritualité et la maîtrise du flux. Cette esthétique du lavis est ensuite adoptée et perfectionnée au Japon (sous le nom de sumi-e), avant d’être introduite en Occident à la Renaissance, où des artistes comme Rembrandt, Poussin ou Fragonard en font un pilier de leur recherche sur la lumière et l’esquisse. Choisir le lavis, c’est ainsi rejoindre une histoire longue et riche, composée d'échanges entre l’Asie et l’Europe, et participer à une tradition universelle de la peinture suggestive.
|
Origine géographique |
Période d'apparition |
Artistes ou écoles majeures |
|---|---|---|
|
Chine |
VIe siècle |
Wang Wei, écoles lettrées |
|
Japon |
Xe siècle puis perfectionnement au XIVe |
Maîtres du sumi-e, moines zen |
|
Europe |
Renaissance (XVIe siècle) |
Rembrandt, Poussin, Fragonard |
Transparence et légèreté participent à la finesse de l’œuvre.
Le lavis est apprécié pour la rapidité de son exécution, idéale pour le croquis ou la composition spontanée.
La maîtrise de la dilution permet de générer des superpositions nuancées.
Le lavis offre une palette de techniques propice à l’expérimentation. Deux catégories principales : le lavis en aplat (pour uniformiser un fond ou modeler une surface de couleur) et le lavis dégradé (pour créer des effets de matière, de mouvement ou de transition lumineuse). À l’intérieur de ces catégories, se distinguent des méthodes plus fines comme le glacis (auquel le lavis est souvent comparé).
Le lavis uni, parfait pour les ciels ou atmosphères homogènes.
Le lavis dégradé, qui joue sur l’intensité croissante ou décroissante de la couleur.
La superposition de voiles pour approfondir le volume sans saturer la composition.
|
Technique |
Effet principal |
Niveau requis |
|---|---|---|
|
Lavis en aplat |
Fond homogène |
Débutant |
|
Lavis dégradé |
Transition de lumière/ombre |
Intermédiaire |
|
Glacis |
Strates de profondeur/transparence |
Avancé |
Souvent confondu avec le lavis, le glacis se distingue par ses spécificités. Le glacis, en peinture à l’huile, consiste à déposer des couches minces et transparentes de couleur sur un fond parfaitement sec. Cette technique permet de jouer sur la brillance, la profondeur et la luminosité, chaque strate filtrant la lumière différemment. En lavis, bien que la superposition existe, l’effet recherché n’est pas la brillance mais la subtilité des transitions, la légèreté de l’encre ou de la gouache sur le papier. L’absence d’huile rend le travail plus évanescent, plus spontané et, parfois, plus imprévisible.
Glacis et lavis se distinguent par la nature du médium utilisé : eau contre huile.
Le lavis gagne en suggestion grâce à la rapidité d’exécution et au caractère fugace de la matière.
Travailler en glacis exige patience et temps de séchage important ; le lavis, lui, privilégie un geste fluide, continu et une réponse immédiate aux interventions de l’artiste. Cette distinction reste fondamentale dans la pratique contemporaine.

Le lavis en aplat consiste à poser une couleur diluée de manière uniforme sur l’ensemble d’une surface, obtenant une teinte égale et sans variation apparente. Cette méthode est idéale pour poser des arrières-plans atmosphériques (ciels, mers, murs) et pour offrir une base aux détails plus élaborés. Le secret de sa réussite réside dans la préparation anticipée du “jus” — le mélange pigment-eau — en quantité suffisante pour éviter toute interruption et donc toute trace. L’artisan doit ensuite travailler rapidement, sans lever le pinceau et dans un mouvement régulier, afin de préserver la fluidité de la bordure mouillée.
Le lavis dégradé, quant à lui, demande une main sûre et un sens aigu de la dilution progressive. Il s’agit d’intensifier ou d’affaiblir la charge pigmentaire au fur et à mesure de l’application, créant ainsi une gradation naturelle semblable à un lever de soleil ou à un pli d’étoffe. Selon le degré d'inclinaison du support et la rapidité du geste, des variations lumineuses et des jeux d'ombre se créent.
Lavis dégradé : idéal pour modeler les volumes ou traduire la perspective atmosphérique dans un paysage urbain.
Une succession de dégradés confère un réalisme saisissant à tous types de sujets, du portrait au croquis de monuments.
Le choix du matériel se révèle déterminant dans la pratique du lavis surtout quand on veut débuter en aquarelle. Un pinceau adéquat, un papier résistant, un support adapté à l’absorption sont essentiels pour éviter pertes de contrôle et détériorations. Voici les outils incontournables et leurs spécificités :
Pinceaux « petit gris pur » : leur grande contenance d’eau facilite l’application en larges aplats.
Brosses Haké (japonaises) : recommandées pour des lavis larges et réguliers.
Pinceaux à réservoir : efficaces pour le lavis en extérieur ou les travaux de précision.
Éponges naturelles : idéales pour créer des textures, des nuages ou certains effets spéciaux.
Papier aquarelle épais (300g/m² minimum) : résiste à la déformation, évite le « gondolage ».
Carnet de croquis ou feuilles test pour tester la dilution et s’exercer.
Attention aux outils métalliques ou mal adaptés : ils risquent de réagir avec certains pigments.
|
Outil |
Utilisation |
Prix moyen (2025) |
|---|---|---|
|
Pinceau petit gris pur |
Aplats, dégradés |
15–30 € |
|
Brosse Haké |
Grandes surfaces |
10–25 € |
|
Pinceau à réservoir |
Précision, mobilité |
8–20 € |
|
Papier aquarelle |
Absorption optimale |
0,50€/feuille (A4) |
Réaliser une peinture au lavis commence par une préparation adéquate du « jus » (le mélange eau-pigment), mais aussi du support lui-même. Le papier doit être légèrement incliné pour aider la descente régulière du liquide et éviter les stagnations. Sur des sujets complexes, il convient d’esquisser très légèrement les zones à couvrir au crayon, afin de guider la pose sans alourdir le résultat final. Traditionnellement, on travaille de haut en bas et de gauche à droite afin d’éviter toute reprise maladroite sur une zone déjà humide.
La maîtrise du geste, du dosage de l’eau et du rythme d’exécution évite auréoles ou démarcations.
Travailler section par section permet de conserver l’uniformité de l’humidité et d’éviter les hiatus.
Lorsque l’on aborde la superposition de couches, il est indispensable de laisser sécher parfaitement chaque strate avant d’en apposer une nouvelle. Cette approche assure la transparence et la profondeur, nuances recherchées aussi bien en illustration qu’en tableaux abstraits contemporains.
La qualité du lavis dépend du dosage subtil entre le pigment et l’eau. Trop de pigment donne un effet opaque, perdant la légèreté caractéristique du lavis, tandis qu’une dilution excessive dissout la couleur jusqu’à la rendre quasi invisible. Trouver le juste équilibre s’obtient à force d’essais, idéalement sur un échantillon du même papier pour ajuster l’intensité désirée avant l’application sur l’œuvre finale.
En pratique, il convient d’éviter de repasser sur une zone déjà humide pour ne pas soulever les pigments ou créer des auréoles disgracieuses. Si une erreur se présente, un papier absorbant permet de « tamponner » rapidement la zone concernée, limitant ainsi les dégâts.
Pensez à préparer plusieurs nuances de « jus » à l’avance pour éviter les ruptures de ton.
Un geste continu et rapide préserve la finesse du lavis.
Deux méthodes cohabitent dans la pratique du lavis à l’aquarelle : l’application “humide sur sec” ou “humide sur humide”. La première option consiste à appliquer le lavis sur un support parfaitement sec, garantissant des contours nets et des trajectoires maîtrisées. Cette technique est idéale pour structurer un paysage urbain, travailler des plans successifs ou intégrer des détails précis au pinceau.
L’approche “humide sur humide”, à l’inverse, propose de poser la couleur sur un papier préalablement imbibé, provoquant des fondus naturels, des dégradés flous et des surprises picturales. Le hasard tient une place essentielle dans ce processus : les pigments voyagent, se mêlent et s’épanouissent sans contrainte, prêtant à la peinture toute son imprévisibilité.
Le “sec sur sec” pour le contrôle, le “humide sur humide” pour l’audace et la spontanéité.
Régler l’inclinaison du support ajoute une dimension supplémentaire à l’expérimentation.
Bien que souvent associés, lavis, aquarelle et gouache présentent des distinctions fondamentales qui influencent le rendu final. Le lavis peut utiliser l’aquarelle mais aussi l’encre, la gouache extra-fine très diluée, voire certains acryles liquides. Toutefois, la méthodologie fait la différence : en lavis, on privilégie la translucidité et les superpositions fines, alors que la gouache (sauf diluée) donne des effets couvrants et opaques. L’aquarelle, quant à elle, s’installe comme une peinture en lavis par excellence, jouant naturellement sur les transparences, mais peut être employée en couche plus épaisse.
Le lavis s’effectue avec des pigments très dilués pour obtenir des voiles.
L’aquarelle permet plusieurs modes d’application (lavis, empâtement léger).
La gouache offre des contrastes nets, mais diluée, elle rejoint la famille du lavis.
|
Technique |
Médium |
Aspect final |
|---|---|---|
|
Lavis |
Aquarelle, encre, gouache diluée |
Translucide, superpositions, lumière |
|
Aquarelle |
Aquarelle |
Transparente à opaque selon dilution |
|
Gouache |
Gouache |
Couvrant, mat, coloré |
Le lavis a inspiré des générations d’artistes à travers plusieurs continents et époques. Des lettrés chinois à Victor Hugo, de Rembrandt aux créateurs de tableaux japonais contemporains, tous ont exploré la richesse de cette technique subtile. Aujourd’hui encore, le lavis demeure une source d’inspiration tant dans l’illustration moderne que dans l’art abstrait ou la décoration intérieure.
En Asie, il devient un vecteur de spiritualité, liant geste et méditation.
En Europe, il apporte un souffle nouveau à l’esquisse et à la recherche de la lumière.
Au XXe siècle, il est réinventé dans les tableaux abstraits explorant matière et spontanéité.

La tradition du lavis en Asie s’incarne dans le sumi-e japonais et la peinture chinoise à l’encre. Le sumi-e valorise le mouvement du pinceau, la gestion du vide et la suggestion plutôt que la représentation détaillée. Les artistes zen cherchent à capturer l’esprit de leur sujet : un bambou, une montagne, un oiseau, en un geste fluide, évitant la surcharge des détails.

Le lavis chinois, quant à lui, s’appuie sur l’idée de laisser « respirer » l’encre et d’altérer le support le moins possible. Les couches successives sont déposées en fonction du rythme respiratoire et de l’équilibre général de la composition. À travers ces pratiques, le lavis acquiert une dimension méditative et poétique, reliant l’humain à la nature.
L’histoire du lavis européen commence à la Renaissance, souvent comme croquis préparatoire à de grandes œuvres de peinture. Rembrandt l'utilisait pour dessiner les ombres sur ses portraits, Poussin pour structurer ses paysages, Fragonard pour esquisser une lumière vibrante sur des scènes animées.

Par Nicolas Poussin
Au XIXe siècle, Victor Hugo prend la plume et l’encre pour révéler une nouvelle expressivité du lavis, où souffle et hasard se mêlent à des mondes fantastiques. Dans l’architecture, le lavis sert à donner corps aux maquettes et à rendre palpable l’atmosphère d’un projet.
Rembrandt a révolutionné le lavis en orientant la lumière dans ses esquisses.
Victor Hugo a utilisé le lavis comme terrain d’expérimentation poétique et surréaliste.
Les aquarellistes anglais du XVIIIe siècle, tels que Turner, s’en sont inspirés pour donner naissance à des paysages inédits.
La modernité du lavis s’exprime particulièrement à travers l’art abstrait et les recherches sur la gestuelle et la matière. Les surréalistes, les expressionnistes et aujourd’hui, en 2025, de nombreux illustrateurs et décorateurs d’intérieur, utilisent le lavis pour brouiller la frontière entre hasard et intention. Dans l’abstraction, le lavis devient vibration, jeu de textures, superpositions audacieuses de couleurs nouvelles. Les artistes modernes s’appuient sur l’accident, la fusion incontrôlable des pigments et l’apparition spontanée de motifs.
Cette versatilité rend le lavis aussi pertinent pour des œuvres abouties que pour l’étude académique ou le carnet de voyage. Le succès actuel des tableaux japonais et des tableaux abstraits en témoigne : la technique demeure un terrain d’innovation.
Les artistes de street-art l’investissent à l’échelle monumentale.
Les graphistes digitaux s’inspirent des effets dégradés et transparents du lavis traditionnel.