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Certains endroits donnent envie de sortir un chevalet. Pas parce qu'ils sont « beaux » au sens carte postale, mais parce que la lumière, les couleurs ou les formes du terrain posent un problème pictural intéressant. Les peintres le savent : un bon paysage à peindre n'est pas forcément un paysage spectaculaire. C'est un lieu où la lumière fait quelque chose de particulier, où les plans s'empilent bien, où les couleurs changent selon l'heure.
Voici 20 lieux qui attirent les peintres depuis des décennies, classés par type de paysage. Si vous ne peignez pas mais que vous cherchez à acheter un tableau de paysage, cette liste vous donnera des idées de sujets et de styles.

Des falaises blanches qui tombent dans une eau turquoise. Les calanques posent un contraste net entre la roche calcaire, le vert sombre des pins et le bleu de la Méditerranée. Cézanne les a peintes. Derain aussi, en 1907, avec des couleurs fauves poussées à l'extrême. Le meilleur moment pour peindre : tôt le matin, quand le soleil rase les falaises et que l'eau est encore lisse.
Cinq villages accrochés à la roche, avec des façades peintes en jaune, rose, orange et ocre. Le paysage est vertical : la mer en bas, les vignes en terrasses au milieu, les maisons empilées, le ciel en haut. C'est un sujet qui se prête à des formats en portrait (vertical) plutôt qu'en paysage (horizontal). Les couleurs sont déjà là, il suffit de les poser.
Monet, Boudin, Courbet : la côte normande a été peinte par trois générations d'artistes. Ce qui les attirait, c'est le ciel. En Normandie, le ciel occupe souvent les deux tiers de la toile. Les nuages bougent vite, la lumière change toutes les vingt minutes, les couleurs de la mer passent du gris au vert au bleu en une journée. C'est un terrain d'exercice pour qui veut travailler les ciels et la lumière changeante. Idéal aussi comme sujet de tableau de plage.
Monet y a séjourné en 1886 et en a ramené une quarantaine de toiles. Les aiguilles de Port-Coton, les rochers battus par la houle, les falaises d'herbe rase : le paysage est brut, sans arbre, sans bâtiment. Le vent complique le travail en plein air, mais la lumière atlantique, surtout en fin de journée, donne des roses et des violets qu'on ne trouve nulle part ailleurs sur la côte française.
Cézanne l'a peint en 1896. Le lac est encaissé entre des montagnes boisées, avec une eau qui change de couleur selon la profondeur et l'heure. Le matin, le lac est un miroir. L'après-midi, le vent lève des rides qui cassent les reflets. Les peintres qui travaillent ici s'installent souvent sur la rive est, face aux montagnes du Semnoz, pour avoir la lumière dans le dos.
Des parois de calcaire rose-orangé qui virent au rouge au coucher du soleil (le phénomène s'appelle l'enrosadira). Les Dolomites sont un cauchemar pour le peintre qui veut des verts : ici, c'est la roche qui domine, avec des gris, des roses et des jaunes pâles. Giovanni Segantini a passé ses dernières années à peindre les Alpes engadinoises juste à côté. Le sujet est exigeant : les reliefs sont complexes, les ombres portées changent vite.

Un lac glaciaire avec une île au milieu, une église dessus, des montagnes derrière. La composition est prête : premier plan (eau), plan intermédiaire (île), arrière-plan (montagnes). Les couleurs varient fortement selon la saison : vert émeraude en été, gris-bleu en hiver, rouge et or en automne quand les hêtres changent. C'est un lieu souvent photographié, rarement peint, et pourtant la structure du paysage est parfaite pour une toile.
Hokusai en a fait trente-six vues. Le Mont Fuji est un cône presque parfait, et sa forme simple se prête à tous les styles, du réalisme à l'abstraction. Depuis le lac Kawaguchi, on a le reflet du volcan dans l'eau, les cerisiers au premier plan au printemps, les érables rouges en automne. C'est le paysage japonais par excellence, et c'est un sujet qu'on retrouve dans notre tableau de temple japonais.
Des champs de lavande en rangées parallèles, des murets de pierre sèche, des villages perchés en ocre et en gris. Cézanne, Van Gogh, Nicolas de Staël : la Provence du Luberon attire les peintres depuis le XIXe siècle. Ce qui fonctionne sur la toile, c'est le contraste entre le violet de la lavande, le jaune des blés et le bleu dur du ciel en été. Si ce type de paysage vous parle, on propose un tableau village de campagne provençal dans cette ambiance.

Des collines ondulées, des rangées de cyprès, des fermes isolées en pierre. Le Val d'Orcia ressemble déjà à un tableau. Les couleurs changent selon la saison : vert tendre au printemps, jaune paille en été après la moisson, brun-rouge en automne quand la terre est labourée. La lumière de fin d'après-midi allonge les ombres des cyprès et découpe les collines en bandes alternées d'ombre et de soleil.
Des étendues plates, couvertes de tournesols jusqu'à l'horizon, sous un ciel sans nuage. Le sujet est simple (jaune, vert, bleu), mais le problème pictural est la chaleur : comment rendre l'air qui vibre au-dessus des champs à 40°C ? Van Gogh avait trouvé sa réponse à Arles. Ici, le paysage est plus vaste, plus sec, plus brutal.

Des marches d'eau sculptées dans la montagne, qui suivent les courbes de niveau sur des centaines de mètres de dénivelé. En saison des pluies (mai-juin), les terrasses sont inondées et reflètent le ciel. En septembre-octobre, le riz mûr les colore en jaune doré. La géométrie organique des courbes, combinée aux variations de couleur entre les niveaux, donne un motif naturellement abstrait.
L'école de Barbizon s'y est installée dans les années 1830. Rousseau, Millet, Corot peignaient les sous-bois, les rochers de grès, les clairières. La forêt de Fontainebleau a un avantage rare : elle est variée. On y trouve des chaos rocheux, des futaies de chênes, des landes de bruyère, des mares, le tout à 60 km de Paris. La lumière filtre à travers la canopée et crée des taches au sol qui bougent avec le vent.

Des landes de bruyère, des lochs sombres, des montagnes arrondies par l'érosion. La palette est resserrée : bruns, violets, verts olive, gris. Le ciel est rarement dégagé. La difficulté pour le peintre est de rendre l'humidité, la brume qui mange les sommets, la lumière rasante qui perce entre deux nuages. Turner l'a fait mieux que personne.
Des falaises de 300 à 700 mètres de profondeur, une rivière turquoise au fond. Le Verdon est un sujet de peinture difficile : les proportions sont tellement extrêmes que le résultat semble irréel sur la toile. Les peintres qui s'y attaquent travaillent souvent en format vertical, avec les parois qui encadrent un mince ruban d'eau en contrebas.

Des tiges de bambou de 15 à 20 mètres de haut, serrées, avec la lumière qui filtre en rayons verticaux. La palette est monochrome : du vert, rien que du vert, dans cinquante nuances différentes. Le sujet est graphique, presque abstrait. Les peintres japonais le traitent depuis des siècles à l'encre de Chine, en jouant sur l'épaisseur et la densité du trait.
Le jardin de Monet. Le bassin aux nénuphars, le pont japonais, les saules pleureurs. Monet a peint ce même bassin pendant trente ans, environ 250 toiles. Le sujet n'est pas le jardin : c'est le reflet. L'eau du bassin reflète le ciel, les arbres, les nuages, et les nénuphars flottent à la surface, entre le monde réel et son image inversée. Giverny est ouvert au public d'avril à octobre.
Des étangs salés, des flamants roses, des chevaux blancs, des ciels immenses. La Camargue est plate. Le paysage se réduit à deux éléments : l'eau et le ciel, séparés par une ligne d'horizon parfaitement droite. C'est un sujet minimaliste qui oblige le peintre à travailler les nuances plutôt que les formes. Les couchers de soleil y sont roses et orange, reflétés dans les marais salants.

Canaletto, Guardi, Turner, Monet : Venise a été peinte par tout le monde, et elle fonctionne toujours. La raison est technique : l'eau des canaux reflète les façades, ce qui double les couleurs et les formes. La lumière rebondit entre l'eau et les murs de pierre blanche ou rose. Le résultat est une luminosité diffuse, sans ombre dure, qui adoucit tous les contours. Le piège : tomber dans la carte postale. Les meilleurs peintres de Venise l'ont traitée en hiver, sous la brume, quand les couleurs se fondent.
Un océan de zinc gris-bleu, ponctué de cheminées en terre cuite, avec la Tour Eiffel ou le Sacré-Cœur en point de repère. Van Gogh a peint les toits de Paris depuis son appartement de la rue Lepic. Pissarro les a peints depuis le boulevard Montmartre. Le sujet est géométrique : des rectangles de toits, des lignes de gouttières, des verticales de cheminées. La palette est froide (gris, bleu, blanc), réchauffée par les tons de brique et de terre cuite.
Un bon sujet de paysage repose sur trois choses : des plans lisibles (premier plan, plan intermédiaire, arrière-plan), une lumière qui crée du contraste, et une palette qui ne dépasse pas cinq ou six couleurs dominantes. Les 20 lieux de cette liste cochent ces trois cases.
Si vous ne peignez pas vous-même mais que vous aimez les paysages sur vos murs, notre collection de tableaux paysages couvre la plupart de ces ambiances : mer, montagne, campagne, forêt, Japon. Vous pouvez acheter un tableau de paysage directement dans la boutique.
Les calanques de Cassis, la côte normande, le Luberon et les gorges du Verdon sont parmi les paysages les plus peints du pays. Chacun pose un problème pictural différent : falaises et eau turquoise à Cassis, ciels changeants en Normandie, lavande et villages perchés dans le Luberon, verticalité au Verdon.
Les paysages de campagne à plans simples : champs au premier plan, collines au milieu, ciel en haut. Le Val d'Orcia en Toscane ou les champs de lavande du Luberon ont des compositions lisibles, avec peu de détails à gérer et des couleurs franches.
La lumière normande change toutes les vingt minutes : nuages rapides, alternance soleil-ombre, reflets mouvants sur la mer. Les impressionnistes cherchaient ces variations pour les capter en temps réel, sur le motif. Monet, Boudin et Courbet y ont peint des centaines de toiles.