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Peinte à Montmajour pendant les vendanges de 1888, La Vigne rouge baigne dans la lumière du Midi. On y voit des travailleurs courbés entre les rangs, le sol rougi par les feuilles d'automne et, en arrière-plan, un soleil couchant jaune vif qui embrase toute la scène. Van Gogh ne cherchait pas le réalisme photographique : il posait la couleur en aplats épais, presque brutaux, pour rendre la chaleur écrasante de la campagne d'Arles. Le rouge domine la toile, contrasté par ce jaune intense qui mange l'horizon.
Ce tableau a une particularité que peu d'œuvres partagent : c'est la seule peinture vendue du vivant de Van Gogh dont on ait la trace. Anna Boch, peintre et collectionneuse belge, l'a achetée en 1890 lors du Salon des XX à Bruxelles, pour 400 francs. Le tableau a ensuite changé plusieurs fois de mains avant d'entrer dans la collection du marchand russe Sergueï Chtchoukine, puis d'être nationalisé après la révolution. Il est aujourd'hui conservé au musée Pouchkine de Moscou.
Van Gogh a peint La Vigne rouge en plein air, à Montmajour, pendant les vendanges d'automne. Le soleil est bas, presque rasant : il étire les ombres des vendangeurs entre les rangs et pousse les rouges des feuilles vers l'orange. Les ceps chargés occupent tout le premier plan, tandis que le ciel passe du jaune au violet en quelques coups de brosse. C'est une fin de journée dans les champs arlésiens, et ça se sent. La lumière chauffe, l'air semble lourd.
Les vendangeurs occupent toute la toile : dos courbés, bras tendus vers les grappes, silhouettes fondues dans les rangées de ceps. Van Gogh ne les isole pas du décor. Ils font partie du champ, au même titre que les feuilles rouges et le sol ocre. Pas de poses, pas de visages détaillés. Juste des corps au travail, saisis en plein geste. La scène montre le quotidien des vendanges à Arles tel qu'il le voyait depuis Montmajour : collectif, physique, ancré dans la terre.

Van Gogh n'a pas choisi ce motif par hasard. Depuis son arrivée en Arles en février 1888, il cherchait exactement ça : une lumière crue, des couleurs saturées sans avoir besoin de les forcer sur la palette. Les collines autour de Montmajour lui donnaient des ciels dégagés et des contrastes qu'il ne trouvait pas à Paris. Il en parle dans ses lettres à Theo, mais aussi à Eugène Boch, le peintre belge qu'il fréquentait à l'époque. La campagne provençale n'était pas juste un décor pour lui : c'était un réservoir de sujets qu'il comptait peindre pendant des mois.
Le violet et le jaune se font face dans presque toute la toile. Les ombres au sol tirent vers le mauve, le ciel pousse vers le jaune orangé. Van Gogh ne mélange pas ces deux tons : il les pose côte à côte, bruts, pour que l'œil fasse le travail. C'est un principe qu'il connaissait par ses lectures de Chevreul et qu'il appliquait volontairement. Il en parle dans plusieurs lettres à Theo : ce qui l'intéresse, ce n'est pas que la scène ressemble à la réalité, c'est qu'elle frappe la rétine.
Le rouge couvre la plus grande surface (feuilles, sol, reflets sur les silhouettes), mais il ne tourne pas seul. Le vert mat des ceps, un bleu froid sur certains vêtements et une orange diffuse dans les zones éclairées viennent casser la dominante. Van Gogh empile les couleurs pures sans les fondre, avec un coup de brosse visible et épais. C'est ce traitement, vingt ans avant les toiles de Derain ou Vlaminck, qui fait de La Vigne rouge un tableau souvent cité quand on parle des racines du fauvisme et de l'expressionnisme.
|
Couleur |
Rôle dans la toile |
|---|---|
|
Rouge |
Domine le premier plan : feuillages d'automne, sol, chaleur de fin de journée |
|
Jaune |
Ciel couchant, source lumineuse principale, contraste direct avec le violet |
|
Violet |
Ombres portées, zones d'obscurité, crée la profondeur par opposition au jaune |
|
Vert, bleu, orange |
Accents secondaires : ceps, vêtements, reflets. Ils équilibrent les masses rouge-jaune |

Van Gogh a peint La Vigne rouge sur le motif, entre septembre et octobre 1888, dans les environs de Montmajour. Il travaillait dehors depuis ses années parisiennes, mais à Arles la lumière du sud lui donnait autre chose : des ombres plus courtes, des contrastes plus durs, des couleurs qui saturaient sans forcer. À cette période, il partageait la Maison jaune avec Gauguin (ou s'apprêtait à le faire), et il produisait à un rythme soutenu, parfois un tableau par jour. La toile garde cette urgence : les couches sont posées vite, la peinture est épaisse par endroits et fine à d'autres, comme si le soleil baissait trop vite pour revenir sur un détail.
Dans une lettre à Eugène Boch, fin 1888, Van Gogh parle des vignes comme d'« une mer de feu ». Ce n'est pas une formule isolée : à cette période, ses courriers reviennent sans cesse sur la couleur, sur ce qu'il essaie d'obtenir avec le rouge et le jaune posés l'un contre l'autre. Il ne décrit pas ce qu'il voit, il décrit ce qu'il veut que le spectateur ressente devant la toile. La correspondance de ces mois-là montre un peintre qui travaille autant avec ses mots qu'avec sa brosse. Si vous souhaitez vous offrir un autoportrait de Van Gogh et d’autres œuvres majeures du peintre, une sélection est disponible sur notre boutique.
En mars 1890, la toile est accrochée au Salon des XX à Bruxelles. Anna Boch l'achète pour 400 francs. À l'époque, c'est un prix modeste, même pour un peintre peu connu. Van Gogh se suicide quatre mois plus tard. Aucune autre vente publique de son vivant n'est documentée à ce jour.
Les lettres entre Vincent et Théo mentionnent des échanges et des cessions d'œuvres, mais sans trace de transaction formelle comparable. Van Gogh donnait des toiles, en troquait parfois contre du matériel ou des services. La question de savoir s'il a réellement « vendu » d'autres tableaux reste ouverte, faute de reçus ou de documents comptables.
|
Année |
Événement |
Lieu / Personnalité |
|---|---|---|
|
1888 |
Création de La Vigne rouge |
Montmajour (Arles) |
|
1890 |
Vente à Anna Boch lors du Salon des XX |
Bruxelles |
|
1906 |
Acquisition par Chtchoukine |
Moscou |
Anna Boch était peintre elle-même, rattachée au courant impressionniste belge, et issue d'une famille fortunée (les faïenceries Boch). Son frère Eugène Boch connaissait Van Gogh personnellement : Vincent l'avait peint en septembre 1888 (le portrait dit « Le Poète »). C'est par ce lien qu'Anna a eu accès aux toiles exposées au Salon des XX, et qu'elle a acheté La Vigne rouge.
Anna Boch est l'une des premières femmes à acquérir une œuvre de Van Gogh
Le portrait d'Eugène Boch par Van Gogh est aujourd'hui conservé au musée d'Orsay
Le groupe des XX réunissait vingt artistes belges qui invitaient chaque année des peintres étrangers à exposer à Bruxelles
Au Salon des XX, la toile est vue par des critiques et des collectionneurs belges. Les avis sont partagés. Certains y lisent un traitement de la couleur radicalement neuf, d'autres trouvent la palette agressive. Van Gogh exposait six toiles à ce salon : La Vigne rouge est la seule à avoir trouvé preneur.
Rôle de Chtchoukine dans la diffusion de l'art moderne en Russie
En 1906, le marchand et collectionneur moscovite Sergueï Chtchoukine achète le tableau. Sa collection comptait déjà des Monet, des Cézanne, des Matisse et des Picasso, accrochés dans son hôtel particulier de Moscou, ouvert au public le dimanche. Après la révolution de 1917, le régime bolchevique nationalise l'ensemble. La Vigne rouge entre dans les collections de l'État soviétique.
Le tableau est exposé au Musée Pouchkine à Moscou depuis le début du XXe siècle. Il y côtoie d'autres toiles post-impressionnistes issues de l'ancienne collection Chtchoukine et de celle d'Ivan Morozov, un autre collectionneur russe dont les biens ont été confisqués après 1917.
Van Gogh collectionnait les estampes japonaises (il en possédait plusieurs centaines) et ça se voit dans La Vigne rouge : les couleurs sont posées en aplats, les contours sont nets, le paysage est simplifié plutôt que détaillé. C'est un traitement qu'on retrouve chez Hiroshige ou Hokusai, deux graveurs qu'il admirait et copiait. Il ne cherchait pas à reproduire la scène telle quelle, mais à la recomposer avec des blocs de couleur franche, comme une estampe occidentalisée. Pour en savoir plus, consultez l’article Van Gogh et l’Influence Japonaise.
Quand Van Gogh peint La Vigne rouge à l'automne 1888, il vit dans la Maison jaune à Arles. Gauguin vient d'arriver, ou s'apprête à le faire. En quelques semaines, la cohabitation tourne mal et se termine par la crise du 23 décembre, celle de l'oreille coupée (on en parle en détail dans Pourquoi Van Gogh s'est coupé l'oreille ?). La Vigne rouge date de juste avant. Elle appartient à cette fenêtre courte où Van Gogh produit énormément, encore porté par le projet d'un atelier collectif dans le Sud.
La vigne revient plusieurs fois dans son travail. Le Vignoble vert date aussi de 1888, peint à Arles quelques semaines avant ou après. Vignes avec vue d'Auvers est de 1890, deux ans plus tard, dans un tout autre contexte : Van Gogh est sorti de l'asile de Saint-Rémy et s'est installé à Auvers-sur-Oise, où il mourra en juillet. Le sujet est le même, la palette et le geste ont changé.
D'autres toiles de Van Gogh sont à découvrir dans notre collection Tableau Van Gogh.
En plus d’être la seule œuvre vendue publiquement du vivant de Van Gogh, La Vigne rouge symbolise l’audace chromatique du peintre. Sa palette et sa composition influencent profondément les courants du fauvisme et de l’expressionnisme.
Anna Boch, artiste et mécène, fut la première et unique acheteuse publique d’un tableau de Van Gogh de son vivant. Grâce à sa passion pour l’art moderne et à ses liens avec Eugène Boch, elle œuvra pour la reconnaissance de l’artiste.
La Vigne rouge est actuellement conservée au Musée des Beaux-Arts Pouchkine à Moscou, au sein d’une importante collection de chefs-d’œuvre impressionnistes et postimpressionnistes.
Non, Van Gogh utilise la couleur de manière subjective et expressive. Son traitement des couleurs dans La Vigne rouge vise principalement à traduire son ressenti et à insuffler une énergie dramatique au paysage.
Parmi les œuvres majeures sur ce thème figurent Vignes avec vue d’Auvers (1890) et Le Vignoble vert (1888), qui témoignent de son intérêt constant pour ce motif.