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Le Café de nuit est une huile sur toile de Vincent van Gogh, peinte début septembre 1888 à Arles. Le tableau mesure 70 × 89 cm (format 30, standard français). Il est conservé à la Yale University Art Gallery, à New Haven, dans le Connecticut. Sa valeur est estimée à plus de 200 millions de dollars. C'est l'un des rares Van Gogh majeurs exposés aux États-Unis, et son parcours, entre Arles, Moscou et l'Amérique, raconte à lui seul un siècle de bouleversements politiques et de marché de l'art.
Van Gogh arrive à Arles en février 1888. Avant d'emménager dans La Maison jaune de Van Gogh sur la place Lamartine, il loue une chambre au Café de la Gare, au numéro 30 de la même place. L'établissement est tenu par Joseph-Michel Ginoux et sa femme Marie. Van Gogh y prend ses repas, y dort, y accumule les ardoises. C'est un « café de nuit » au sens arlésien du terme : un lieu qui reste ouvert toute la nuit, où les gens sans le sou ou trop ivres pour rentrer chez eux viennent s'échouer.
Dans une lettre à Theo datée d'août 1888, Van Gogh annonce son projet avec une pointe d'humour : Ginoux lui a pris tellement d'argent qu'il est temps de se venger en peignant son café. Le ton est léger, mais l'intention ne l'est pas. Van Gogh veut montrer ce qu'un café ouvert la nuit a de sordide et de désespéré.
Van Gogh peint Le Café de nuit pendant trois nuits consécutives, début septembre 1888, en dormant la journée. Il travaille directement sur le motif, à la lumière des lampes à gaz. Le 8 septembre, le tableau est terminé. Il l'accroche aussitôt dans sa chambre de la Maison jaune, où il vient d'emménager. Le tableau sera ensuite intégré à ce qu'il appelle la « Décoration » de la Maison jaune, un ensemble de toiles pensé pour accueillir Gauguin.
L'horloge au fond de la salle indique minuit quinze. La pièce est haute de plafond, typique des cafés provençaux du XIXe siècle. Au centre, un billard français en vert, éclairé par le dessus, projette une ombre massive sur le plancher. C'est d'ailleurs la seule ombre du tableau. Autour, des tables et des chaises. Cinq clients sont affalés le long des murs, endormis ou absents. Un couple occupe une table au fond à droite. Debout près du billard, un homme en blanc fait face au spectateur : c'est Joseph Ginoux, le patron.
Une porte avec un rideau à demi tiré ouvre sur l'arrière-salle. Au mur du fond, un comptoir avec des bouteilles et un vase de fleurs. La perspective est exagérée, déformée : le sol jaune occupe une surface disproportionnée, les murs semblent basculer. Van Gogh n'a pas cherché la justesse géométrique. Il a forcé les lignes pour que le spectateur se sente mal à l'aise en regardant la scène.
La palette du Café de nuit est construite sur l'opposition rouge-vert, deux couleurs complémentaires que Van Gogh utilise volontairement pour créer un malaise visuel. Les murs sont rouge sang, le billard est vert, le sol jaune vif. Quatre lampes à gaz pendent du plafond, entourées de halos orange et verts. Van Gogh décrit lui-même la scène à Theo :
« La salle est peinte en rouge et là-dedans sous le gaz le billard vert qui projette une immense ombre sur le plancher. Dans cette toile il y a six ou sept rouges différents depuis le rouge sang jusqu'au rose tendre faisant opposition à autant de verts pâles ou foncés. »
Il ajoute : « J'ai cherché à exprimer avec le rouge et le vert les terribles passions humaines. » Et plus loin : « Le café est un endroit où l'on peut se ruiner, devenir fou, commettre un crime. » Van Gogh qualifiera cette toile comme « une des plus laides que j'aie faites ». Ce n'était pas un reproche. C'était le but.
| Zone | Couleur dominante | Effet recherché |
|---|---|---|
| Murs | Rouge sang, rouge brique | Oppression, enfermement |
| Billard | Vert (contraste direct avec le rouge) | Tension optique |
| Sol | Jaune profond | Lumière artificielle, chaleur étouffante |
| Lampes | Orange avec halos verts | Éclairage au gaz, atmosphère irréelle |
| Comptoir | Vert Louis XV, plus doux | Seule note apaisante de la toile |
Van Gogh n'a pas peint le café tel qu'il était. Il a peint ce qu'il ressentait en y étant à une heure du matin. C'est ce qu'il appelle la « couleur suggestive » ou la « couleur arbitraire » : les teintes ne correspondent pas à la réalité, elles traduisent une émotion. Le rouge des murs, le vert du billard, le jaune du sol ne sont pas les vraies couleurs du lieu. Ils sont choisis pour produire un effet de malaise, de fournaise, d'ivresse.

Ce principe sera repris vingt ans plus tard par les expressionnistes allemands (Kirchner, Nolde, Schmidt-Rottluff). Van Gogh est souvent cité comme l'un des précurseurs de ce mouvement, et Le Café de nuit est l'un des tableaux les plus explicites de cette démarche. Il comparait lui-même cette toile aux Mangeurs de pommes de terre (1885) : deux peintures de lieux pauvres, éclairées à la lampe, peintes avec la même envie de montrer la misère sans la rendre jolie.
La peinture est posée en couches épaisses. Les surfaces du billard, des tables et du sol ondulent sous l'épaisseur de la matière. Le tracé est rapide, chargé. Les halos des lampes sont faits de petits traits concentriques, comme des cercles de migraine. La perspective est volontairement faussée : le sol remonte trop vite, les murs penchent, le plafond semble trop bas malgré la hauteur réelle de la salle. Van Gogh force le point de vue pour que le spectateur se sente aspiré vers le fond de la pièce.
Les deux toiles sont peintes à quelques jours d'intervalle, en septembre 1888. Elles montrent deux établissements différents, à deux endroits d'Arles. La Terrasse du café le soir représente un café sur la place du Forum, vu de l'extérieur, avec un ciel étoilé et une atmosphère de promenade nocturne. Le Café de nuit montre l'intérieur du Café de la Gare, place Lamartine, à une heure où il ne reste que des ivrognes endormis. L'un est ouvert sur la nuit, l'autre est fermé sur lui-même. L'un invite à s'asseoir, l'autre donne envie de partir. Van Gogh a peint les deux faces de la nuit arlésienne, et les deux tableaux fonctionnent comme un diptyque.
Si vous cherchez une reproduction Le Café la nuit Van Gogh, c'est souvent une reproduction de la Terrasse du café le soir de Van Gogh qui est proposée. Les deux œuvres sont fréquemment confondues, mais elles n'ont rien à voir : ni le même lieu, ni la même ambiance, ni le même propos.
Van Gogh a utilisé le tableau pour régler ce qu'il devait à Joseph Ginoux, le patron du Café de la Gare. La toile change de mains contre des mois de loyer et de repas impayés. C'est un détail souvent oublié : Le Café de nuit n'a pas été vendu, il a servi de monnaie d'échange.
Le tableau passe ensuite par la galerie Bernheim-Jeune à Paris, puis est acquis en 1908 par le collectionneur russe Ivan Morozov, un industriel du textile moscovite qui possédait déjà des Cézanne, des Matisse, des Picasso et des Gauguin. Après la révolution de 1917, le régime bolchevique nationalise la collection Morozov par décret du 18 décembre 1918. Le tableau entre dans les collections du Second Musée d'Art Occidental Moderne de Moscou.
Dans les années 1930, le gouvernement soviétique vend des milliers d'œuvres d'art à l'étranger pour financer l'industrialisation du pays. Le Café de nuit est vendu le 9 mai 1933, via la galerie M. Knoedler & Co. de New York, à Stephen Carlton Clark, homme d'affaires et éditeur de presse américain.
Clark lègue le tableau à la Yale University Art Gallery en 1961. Il y est exposé depuis. En 2009, Pierre Konowaloff, arrière-petit-fils présumé d'Ivan Morozov, engage une procédure pour récupérer la toile, arguant que la nationalisation soviétique était illégale. En 2014, la cour d'appel donne raison à Yale en invoquant la doctrine de l'« acte d'État » : les tribunaux américains ne peuvent pas revenir sur une confiscation opérée par un gouvernement étranger sur son propre territoire. La Cour suprême refuse d'entendre l'appel en 2016. Le tableau reste à Yale.
Le Café de nuit n'a jamais été mis en vente publique depuis 1933. Les experts du marché de l'art l'estiment à plus de 200 millions de dollars. Pour donner un ordre de grandeur : le Portrait du docteur Gachet (1890) de Van Gogh s'est vendu 82,5 millions de dollars en 1990 chez Christie's, et les Tournesols (1888) ont atteint 39,9 millions de dollars en 1987. Les deux prix sont en monnaie de l'époque. Le Café de nuit, s'il devait passer en salle de vente aujourd'hui, se situerait parmi les tableaux les plus chers jamais vendus. Mais Yale n'a aucune intention de s'en séparer.
En novembre 1888, deux mois après Van Gogh, Paul Gauguin peint lui aussi le Café de la Gare. Son tableau, Au café à Arles (Café de nuit, Arles), montre Marie Ginoux assise au premier plan, les bras croisés, avec des clients qui discutent derrière elle. La gamme chromatique est proche (rouge, vert, jaune), mais le traitement est différent : Gauguin aplatit les formes, travaille en aplats, synthétise. Là où Van Gogh déforme la perspective pour créer du malaise, Gauguin compose une scène plus posée, plus froide. Les deux toiles ont été peintes dans le même lieu, avec la même palette, et pourtant elles ne disent pas la même chose. Le tableau de Gauguin est aujourd'hui au musée Pouchkine de Moscou.
| Information | Détail |
|---|---|
| Titre | Le Café de nuit (The Night Café) |
| Artiste | Vincent van Gogh |
| Date | 5-8 septembre 1888 |
| Lieu de création | Café de la Gare, 30 place Lamartine, Arles |
| Technique | Huile sur toile (toile industrielle, format 30) |
| Dimensions | 70 × 89 cm |
| Catalogue | F463 / JH1575 |
| Localisation | Yale University Art Gallery, New Haven, Connecticut |
| Estimation | Plus de 200 millions de dollars |
| Provenance | Ginoux → Bernheim-Jeune → Morozov (1908) → État soviétique (1918) → Clark (1933) → Yale (1961) |
Retrouvez d'autres œuvres dans notre collection de reproduction Van Gogh.
Pour continuer à explorer la période arlésienne de Van Gogh, découvrez aussi l'Amandier en fleurs de Van Gogh, peint un an et demi plus tard à Saint-Rémy-de-Provence.
À la Yale University Art Gallery, à New Haven, Connecticut, États-Unis. Le tableau y est depuis 1961, légué par le collectionneur Stephen Carlton Clark.
Plus de 200 millions de dollars selon les estimations des experts du marché de l'art. Le tableau n'a pas été mis en vente depuis 1933. Yale n'a pas l'intention de le céder.
Deux tableaux différents, peints la même semaine à Arles. Le Café de nuit montre l'intérieur du Café de la Gare (place Lamartine) dans une atmosphère sordide. La Terrasse du café le soir montre l'extérieur d'un autre café (place du Forum) sous un ciel étoilé. Ni le même lieu, ni le même propos.
Van Gogh louait une chambre au Café de la Gare à Arles. Il voulait montrer ce qu'un café ouvert la nuit avait de désespéré. Il a peint le tableau en trois nuits blanches, début septembre 1888. Il a ensuite donné la toile au patron pour régler ses dettes de loyer et de repas.
Oui. En novembre 1888, Gauguin peint le même Café de la Gare, avec Marie Ginoux au premier plan. Le tableau, Au café à Arles, est au musée Pouchkine de Moscou.