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  • Les peintres du cubisme : Picasso, Braque et ceux qui ont brisé la perspective

    Les peintres du cubisme : Picasso, Braque et ceux qui ont brisé la perspective

    L'essentiel à retenir en 30 secondes

    • Le cubisme naît à Paris entre 1907 et 1908, sous l'impulsion de Pablo Picasso et Georges Braque.
    • Autour d'eux gravitent Juan Gris, Fernand Léger, Robert Delaunay, Albert Gleizes et Jean Metzinger.
    • Deux phases se succèdent : le cubisme analytique (1909-1912), puis le cubisme synthétique (1912-1914) qui introduit le collage.
    • Le mot vient du critique Louis Vauxcelles, qui moquait les « petits cubes » des paysages de Braque en 1908.
    • Aujourd'hui le langage cubiste continue d'inspirer la peinture et la décoration murale contemporaine.

    Un visage de profil et de face en même temps. Une guitare éclatée en facettes. Une nature morte qu'on lit comme un puzzle. Le cubisme a fait voler en éclats cinq siècles de perspective, et il l'a fait en quelques années à peine. Derrière cette révolution, une poignée de peintres qui se croisaient dans les ateliers de Montmartre et de Montparnasse.

    Reste à comprendre qui ils étaient vraiment, et ce qui sépare un Picasso d'un Braque ou d'un Léger.

    Le cubisme, c'est quoi au juste ?

    Le cubisme est un mouvement pictural d'avant-garde apparu en France au tout début du XXe siècle. Son principe tient en une idée simple à formuler, vertigineuse à peindre : représenter un objet sous plusieurs angles à la fois, sur une surface plate.

    Là où un peintre classique choisissait un point de vue unique, le cubiste décompose son sujet. Il le fragmente en plans, en facettes, en volumes géométriques, puis il recompose le tout. Le résultat déroute au premier regard. Une bouteille montre son goulot et son fond. Un portrait juxtapose le nez vu de côté et les yeux vus de face. La toile ne raconte plus une scène, elle expose une structure.

    Cette grammaire visuelle a nourri des centaines d'œuvres, et elle reste étonnamment vivante en déco moderne. Si l'esthétique vous parle, notre sélection de tableaux cubisme reprend ces codes de fragmentation et de couleur sur des formats pensés pour un mur de salon.

    Tableau cubisme visage coloré

    Tableau Cubisme Visage Coloré

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    Tableau cubisme coloré abstrait

    Tableau Cubisme Coloré

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    Tableau cubisme basketball

    Tableau Cubisme Basketball

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    Tableau cubisme visages abstraits colorés

    Tableau Cubisme Visages Abstraits Colorés

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    Aux origines : un certain Cézanne

    Avant Picasso, il y a Paul Cézanne. Le maître d'Aix passait sa vie à répéter qu'il fallait « traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cône ». Ses montagnes Sainte-Victoire, peintes et repeintes jusqu'à sa mort en 1906, réduisaient le paysage à des plans colorés qui s'emboîtent.

    La rétrospective Cézanne du Salon d'automne 1907, un an après sa disparition, frappe les jeunes peintres parisiens. Picasso et Braque y voient une porte. Si la peinture peut abandonner l'illusion de profondeur pour assumer la surface plane et la géométrie, alors presque tout devient possible. Le cubisme part de là.

    Paul Cézanne, Mont Sainte-Victoire (1904). Sa façon de bâtir le paysage par plans géométriques ouvre la voie au cubisme. Image : domaine public, Wikimedia Commons.

    L'autre déclencheur est africain. Vers 1906-1907, Picasso découvre les masques et statuettes d'Afrique de l'Ouest et d'Ibérie au musée du Trocadéro. Leur traitement du visage, frontal, simplifié, expressif, le marque profondément. On le sent dans Les Demoiselles d'Avignon de 1907, la toile souvent décrite comme le coup d'envoi du mouvement.

    Pourquoi on parle de « cubisme »

    Le nom n'a pas été choisi par les peintres. Il leur a été collé dessus, presque comme une moquerie. En 1908, Braque présente une série de paysages peints à L'Estaque, près de Marseille. Le critique Louis Vauxcelles, dans le journal Gil Blas, ironise sur ces toiles réduites « à des cubes ».

    Le terme prend. D'abord péjoratif, il devient en quelques années l'étiquette officielle du courant le plus influent de son époque. Petite ironie de l'histoire : les deux fondateurs détestaient les classifications et refusaient souvent d'exposer dans les salons publics.

    Picasso et Braque, le duo fondateur

    Entre 1908 et 1914, Pablo Picasso (1881-1973) et Georges Braque (1882-1963) travaillent côte à côte, parfois dans le même atelier. Braque dira plus tard qu'ils étaient « comme deux alpinistes encordés ». Leurs toiles de cette période se ressemblent au point qu'il faut parfois retourner la signature pour les distinguer.

    Picasso apporte l'audace, la violence du trait, la rupture brutale. L'Espagnol ose le visage disloqué, le corps recomposé. Braque, lui, vient du paysage et de la rigueur. C'est le Français qui introduit les premières lettres au pochoir dans la peinture, puis qui invente le papier collé en 1912 en intégrant un morceau de papier peint imitation bois dans une nature morte. Un geste minuscule, une conséquence énorme : la peinture accueille pour la première fois un matériau du quotidien.

    Ensemble, ils posent toute la mécanique du mouvement. Les autres vont l'amplifier, le théoriser, le diffuser.

    Les autres grands peintres du cubisme

    Picasso et Braque refusaient la lumière des salons. Du coup, ce sont d'autres artistes qui ont montré le cubisme au grand public et lui ont donné sa renommée. Quatre noms comptent particulièrement.

    Juan Gris (1887-1927). L'Espagnol installé au Bateau-Lavoir est sans doute le plus rigoureux de tous. Ses compositions sont nettes, lumineuses, presque mathématiques. Son Portrait de Pablo Picasso de 1912 reste l'un des hommages les plus célèbres d'un peintre à un autre. Mort à 40 ans, il laisse une œuvre courte mais d'une cohérence rare.

    Fernand Léger (1881-1955). Sa version du cubisme est si personnelle qu'on l'a surnommée le « tubisme ». Léger aime les volumes cylindriques, les couleurs franches, les machines. Sa peinture annonce déjà l'esthétique industrielle des années 1920.

    Robert Delaunay (1885-1941). Avec sa femme Sonia, il pousse le cubisme vers la couleur pure et la lumière. Le poète Apollinaire baptise cette variante « orphisme ». Ses tours Eiffel fragmentées et ses disques colorés ouvrent une route directe vers l'abstraction.

    Albert Gleizes (1881-1953) et Jean Metzinger (1883-1956). Le tandem signe en 1912 Du cubisme, le premier vrai texte théorique du mouvement. Ce sont aussi eux, avec Léger et Delaunay, qui provoquent le scandale de la salle 41 au Salon des Indépendants de 1911, où le public découvre le cubisme en bloc, pour la première fois.

    Robert Delaunay, La Ville de Paris (1912). La couleur prend le dessus sur la grille cubiste, l'orphisme est en marche. Image : domaine public, Wikimedia Commons.

    Autour de ce noyau gravitaient encore Henri Le Fauconnier, Roger de La Fresnaye, ou le groupe de Puteaux animé par les frères Duchamp. Le cubisme n'a jamais été une école avec un chef et des règles. Plutôt un foyer d'expériences parallèles, reliées par une même obsession de la forme.

    Cubisme analytique, cubisme synthétique : la vraie différence

    On range les œuvres cubistes en deux grandes périodes. La distinction n'est pas qu'académique, elle se voit à l'œil nu.

    Le cubisme analytique court de 1909 à 1912. Les peintres décomposent l'objet en une multitude de facettes. La palette se réduit à des bruns, des gris, des ocres. Les toiles deviennent si fragmentées qu'elles frôlent l'illisible. On parle « d'analyse » parce que le sujet est littéralement démonté, plan par plan.

    Le cubisme synthétique prend le relais de 1912 à 1914. Changement de cap. Les formes se simplifient, les couleurs reviennent, et surtout le collage fait son entrée. Papiers journaux, partitions, faux bois : la toile se construit par assemblage, par « synthèse » d'éléments. C'est plus léger, plus joueur, plus décoratif aussi.

    Fernand Léger, Nus dans la forêt (1910). Volumes cylindriques et palette sourde, typiques de la première phase. Image : domaine public, Wikimedia Commons.

    Une astuce pour les reconnaître : si la toile est sombre et presque monochrome, vous êtes dans l'analytique. Si elle joue la couleur et les matières rapportées, c'est du synthétique.

    Les tableaux cubistes les plus marquants

    Quelques œuvres résument à elles seules l'aventure. Les Demoiselles d'Avignon (Picasso, 1907) ouvre la brèche. Maisons à L'Estaque (Braque, 1908) déclenche le mot « cubisme ». Violon et cruche (Braque, 1910) montre l'analytique à son sommet. Nature morte à la chaise cannée (Picasso, 1912) intègre le premier collage de l'histoire de l'art. Et La Ville de Paris de Delaunay (1912) annonce déjà la couleur libre.

    La plupart de ces toiles sont visibles au Centre Pompidou, au musée Picasso de Paris, au MoMA de New York ou à l'Art Institute de Chicago.

    Le cubisme aujourd'hui

    Plus d'un siècle après, le langage cubiste n'a rien perdu de sa force. On le retrouve dans le design graphique, l'architecture, l'illustration, et bien sûr la peinture contemporaine. Beaucoup d'artistes actuels reprennent le visage fragmenté ou la nature morte éclatée, souvent avec une explosion de couleurs que les pionniers n'osaient pas.

    C'est précisément ce qui rend le style si facile à intégrer chez soi. Un portrait cubiste coloré apporte du mouvement à un mur blanc sans alourdir une pièce. Il dialogue aussi bien avec un intérieur scandinave qu'avec une déco plus industrielle. La géométrie structure, la couleur réchauffe.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que le cubisme en peinture ?
    C'est un mouvement né à Paris vers 1907-1908 qui représente un sujet sous plusieurs angles à la fois, en le décomposant en facettes et en volumes géométriques sur une surface plane.

    Qui sont les principaux peintres du cubisme ?
    Pablo Picasso et Georges Braque l'ont fondé. Juan Gris, Fernand Léger, Robert Delaunay, Albert Gleizes et Jean Metzinger comptent parmi les figures majeures du mouvement.

    Quelle est la différence entre cubisme analytique et synthétique ?
    L'analytique (1909-1912) décompose l'objet en facettes sombres et quasi monochromes. Le synthétique (1912-1914) revient à la couleur, simplifie les formes et introduit le collage.

    Pourquoi le mouvement s'appelle-t-il « cubisme » ?
    Le critique Louis Vauxcelles a moqué en 1908 les paysages de Braque réduits selon lui à des « cubes ». Le terme, d'abord ironique, est resté.

    Quels sont les tableaux cubistes les plus connus ?
    Les Demoiselles d'Avignon de Picasso, Violon et cruche de Braque, la Nature morte à la chaise cannée de Picasso et La Ville de Paris de Delaunay figurent parmi les plus célèbres.

    Le cubisme existe-t-il encore aujourd'hui ?
    Le mouvement historique s'éteint vers 1914, mais son langage visuel continue d'inspirer la peinture contemporaine, le design et la décoration murale.

    Sources